Il y a des livres qu’on ouvre sans méfiance.

Parce qu’ils sont classés en jeunesse.
Parce qu’ils parlent d’un ours.
Parce qu’on pense savoir à quoi s’attendre.

Je n’étais pas prête.


Ce n’est pas une histoire d’ours

Paddington arrive avec une valise, un accent venu d’ailleurs, et une politesse presque désarmante.
Il ne cherche pas à briller.
Il ne cherche pas à prendre de la place.
Il cherche juste à être accepté.

Et c’est précisément là que quelque chose s’est serré en moi.

Parce qu’en refermant certaines pages, je n’ai pas vu un personnage.
J’ai reconnu une sensation.

Celle d’entrer quelque part en espérant ne pas déranger.
Celle de sourire pour rassurer.
Celle de se faire petit, parfois, pour rester.


La douceur n’est pas une faiblesse

On vit dans un monde qui applaudit le bruit.
La vitesse.
La dureté.

La douceur, elle, est souvent reléguée à l’enfance.
Comme si, adulte, il fallait apprendre à encaisser plutôt qu’à ressentir.

Paddington fait l’inverse.
Il reste doux.
Même quand le monde ne l’est pas.

Et ça m’a mise face à une question inconfortable :
quand est-ce que j’ai commencé à croire que la douceur devait se cacher ?


Trouver sa place, même quand on est grand

On parle beaucoup de trouver sa place quand on est enfant.
Moins quand on est adulte.

Comme si, passé un certain âge, on devait savoir.
Être sûr.
Être installé.

Et pourtant.

Ce livre m’a rappelé que chercher sa place n’est pas un échec.
C’est un mouvement.

Parfois discret.
Parfois silencieux.
Mais profondément humain.


Ce que je n’ai pas dit dans la vidéo

Dans la vidéo, je me suis arrêtée à l’émotion.
À ce que j’ai ressenti en lisant.

Ici, j’ose aller un peu plus loin.

J’ose dire que ce livre m’a renvoyée à toutes les fois où j’ai fait semblant d’aller bien.
À toutes les fois où j’ai minimisé ce que je ressentais pour ne pas compliquer les choses.

Et que lire Paddington, ça a été comme une permission.

La permission d’être douce.
La permission de ne pas être spectaculaire.
La permission de ne pas rentrer parfaitement dans les cases.


Peut-être que ce livre ne t’attend pas par hasard

Ce n’est pas un livre à analyser.
Ni à décortiquer.

C’est un livre à ressentir.

Et si tu es dans une période où tu te demandes encore où est ta place,
si tu as parfois l’impression d’être trop… ou pas assez,
peut-être que cette histoire te fera quelque chose.

Doucement.
Sans bruit.

Comme certaines vérités qui mettent du temps à s’installer.


Si ce genre de lecture résonne en toi,
si tu aimes les livres qui parlent bas mais restent longtemps,
tu es au bon endroit.

Ici, je ne cherche pas à expliquer les livres.
Je cherche à écouter ce qu’ils réveillent.


Et toi ?

Est-ce qu’il y a un livre, parfois classé « jeunesse » ou « léger »,
qui t’a pourtant touché·e là où tu ne t’y attendais pas ?

Un livre qui t’a rappelé quelque chose de toi,
que tu pensais avoir laissé derrière.

Si tu as envie, raconte-le en commentaire.
Je les lis toujours.

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